La Commune de Fillières

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2020-12

La résistance des derniers bouilleurs de cru

Profitant de la diminution du travail au champ en hiver pour se plonger dans cette activité, deux agriculteurs ont repris la distillation dans leur atelier de Villers-la-Montagne. Ils font partie des deux-trois derniers du bassin de Longwy-Longuyon-Villerupt.
Patrick Letscher et Jean-François Munier font partie des derniers bouilleurs de cru ambulants du bassin de Longwy-Longuyon-Villerupt. Les deux agriculteurs céréaliers se sont engagés en 2007, pour le premier, et en 2015, pour le second, dans la société Aliorme, basée à Fillières. L’occasion d’en savoir plus sur ce métier pluriséculaire.
• Comment le devenir ?« Depuis quelques années, il faut suivre une formation obligatoire d’une semaine. Il faut une accréditation de la préfecture et présenter un dossier avec casier judiciaire vierge, et obtenir l’accord des Douanes. Les alambics sont numérotés et répertoriés. En Alsace- Moselle , on peut avoir un alambic chez soi, à la condition que le col du couvercle soit déposé en mairie-préfecture, charge à elles de le restituer au moment de distiller. En Meurthe-et-Moselle, il faut avoir plus de 18 ans, être de nationalité française et posséder ou louer un verger. Faire de l’alcool est autorisé si les fruits viennent de sa propre récolte. »

• Les chiffres
Les deux compères effectuent quatre à cinq cuites par jour au gaz et bain-marie, une cuite allant jusqu’à 70 litres. « Les bonnes années , comme 2020, on travaille trois mois, trois mois et demi. Les autres, seulement trois semaines. » Patrick Letscher et Jean-François Munier distillent les prunes, cerises, poires, pommes, raisins, framboises, nèfles ou encore les figues. « Le coût est de 5,25 € le litre produit, auxquels s’ajoutent les taxes aux Douanes. On arrive à 8 € par litre en dessous de 20 litres (les fameux 1 000 premiers degrés d’alcool), 17,84 € au-delà. Dans tous les cas, c’est beaucoup moins cher que ce que vous trouvez dans le commerce, aux pompes à essence par exemple, et de bien meilleure qualité. »
• Une tradition
« On a toujours autant de clients. Ça ne se perd pas vraiment. Quand un grand- père arrête, on voit souvent son petit-fils venir quelques années après. » Les deux agriculteurs expliquent que cette tradition et pluriséculaire. « La loi date de Napoléon et de l’époque des Grognards [la garde de l’empereur N.D.L.R.]. Il autorisait à boire 4 cl par jour d’eau-de-vie, ce qui nous amène aux 1 000 premiers degrés. C’est ce qu’on appelle les privilèges. Mais ces derniers disparaissent avec le temps et ceux qui en ont et ne payent donc pas de taxe sur les 1 000 premiers degrés. Le privilège se transmet de mari à femme, mais il en reste peu. Les derniers qui ont été accordés l’ont été pour les soldats revenant de la Guerre d’Algérie. »
• Des idées reçues
« Non, les vapeurs ne bourrent pas, sinon ça voudrait dire que les machines fuient. C’est la légende racontée par les pépères quand ils rentraient bourrés de chez le bouilleur de cru. Et non, l’alcool nça désinfecte. Historiquement, l’alcool de pomme a toujours été réquisitionné pendant les guerres pour être envoyé au front et servir de désinfectant. De temps en temps, un pépé nous demande de lui garder un demi-litre à 80 degrés en deuxième passe pour ses compresses. »
Contact et inscription : Aliorme, 06 13 15 32 85, 03 82 25 00 59, au 46, Grand' rue, à Fillières.

 

Fillières : saint Nicolas et père Fouettard, deux silhouettes dans la nuit

La nuit est tombée sur Fillières, personne dans les rues si ce n’est deux silhouettes reconnaissables entre toutes, deux silhouettes qui filent dans la nuit noire. Saint Nicolas et père Fouettard viennent d’arriver et s’apprêtent à rendre visite aux petits Fagnats. Le son de la clochette avertit les habitants de leur arrivée et ceux-ci sortent sur le devant de la porte pour les accueillir. Certains enfants ont préparé une chanson qu’ils offrent aux arrivants d’une voix timide, l’émotion est palpable. Certains, qui n’ont pas été très sages, se voient remettre une baguette de coudrier... Dany est tout content : « C’est super car je suis collectionneur de bâtons », fanfaronne-t-il. Mais le sachet de friandises qui suit rassure tout le monde. Saint Nicolas et père Fouettard repartent après avoir vu les 95 enfants du village.

 

 


Date de création : 29/11/2020 : 17:47
Dernière modification : 29/11/2020 : 17:47
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